BCBG. L’acronyme date des années 80 et il a mal vieilli dans certains milieux – il porte avec lui une image de jeune homme de bonne famille qui sente le privilège. Pourtant, si on decolle le terme de sa connotation sociale, le style « bon chic bon genre » décrit quelque chose de concret et de toujours pertinent : une élégance sobre, des pièces de qualité, une attention au détail sans ostentation de marque.
Ce que je cherche dans mon dressing depuis longtemps correspond a cette definition : le confort de quelqu’un qui s’est habillé pour lui-mème, pas pour faire impression.
Les codes fondamentaux du style BCBG masculin
Le style BCBG n’est pas une liste de marques a posséder. C’est une approche : la qualité sur la quantité, la sobriété sur l’éclat, la cohérence sur la tendance.
Les pièces centrales :
- Pantalon en tweed, flanelle ou velours côtelé (selon la saison) : l’armature du look
- Chemise en coton ou lin sans motif fort (blanc, bleu ciel, bleu Oxford)
- Pull en cachemire ou laine fine – col V ou col rond, pas col roulé systématiquement
- Veste croisée ou blazer en laine : la pièce qui structure l’ensemble
- Trench imperméable ou manteau en laine : l’over-layer selon la saison
Ce qui différencie le vrai BCBG des imitations : la qualité des finitions. Un pantalon en tweed véritable versus un pantalon « tweed look » en polyester. Une chemise en coton peine versus une chemise en popeline synthétique. La différence se voit et surtout se ressent.
Bilan honnête
J’ai des pièces BCBG que je porte depuis huit ans sans qu’elles aient pris un seul ride. Un blazer en laine italien que j’ai acheté 180 euros en 2016, un chino beige qui n’a pas délavé malgré des dizaines de lavages, un trench que j’ai fait ressemeler deux fois. Le coût par port de ces pièces est infime comparé à des pièces « tendance » remplacées tous les deux ans.
Les accessoires : où mettre la personnalité
Dans le style BCBG, la personnalité passe par les accessoires plutôt que par les pièces de base. C’est là que le style s’exprime sans déstabiliser la cohérence de l’ensemble.
La cravate : l’accessoire le plus BCBG qui existe, à condition de ne pas la prendre au premier degré. Une cravate en soie unie ou à motif discret (rayures fines, petits points) sur une chemise Oxford, c’est un signal clair. La cravate imprimée « fun » ou à motifs trop visibles brise le registre.
Le foulard ou le carré de soie : porté en ascot ou simplement glissé dans l’encolure d’une veste, c’est l’accessoire qui personnalise sans forcer. Hermès est la référence, mais un carré de soie de qualité de maisons moins connues fait le même effet.
La montre : mécanique, ronde, sobre. Pas de cadran numérique, pas de bracelet caoutchouc, pas de taille extravagante. Une montre BCBG se remarque peu, mais se regarde longtemps.
Les chaussures : derbies ou mocassins en cuir verni ou ciré, marron ou noirs. C’est le sol de l’édifice – si les chaussures ne sont pas cohérentes, tout le reste s’effondre visuellement. Entretien régulier, semelles propres.
La chemise BCBG : la pièce centrale
La chemise est le cœur du look BCBG. Pas par ostentation, mais parce qu’elle définit le registre de la tenue. Une chemise bien choisie et bien portée transforme une tenue ordinaire.
Ce que je cherche dans une chemise BCBG :
- Coton peine ou oxford : tenue de forme, texture présente
- Col classique ou semi-étalé : pas de col americain, pas de col button-down trop casual
- Ajustement slim-regular : pas trop slim (bloquer les épaules), pas trop ample (silhouette perdue)
- Blanc ou bleu : les deux couleurs qui ne vieillissent pas
La chemise à motifs (rayures fines, carreaux discrets) est acceptable dans le style BCBG à condition que le motif soit over petit et dans une gamme de couleurs cohérentes.
Le trench coat : la pièce extérieure signature
Si le style BCBG à une pièce emblématique, c’est le trench coat. Double boutonnage, ceinture avec boucle D, épaulettes, fond de manche boutonnés : le trench classique Burberry a défini ce style et il reste la référence.
En pratique, le trench beige clair est la couleur la plus versatile. Le trench marine existe et fonctionne, mais il est plus formel. Le trench kaki verte est plus casual.
Ce qui tue un trench : les déformations aux épaules, les taches sur les rabats de poitrine, et les ceintures laissées pendantes au lieu d’être nouées. Un trench bâclé fait négligé – c’est l’opposé de ce qu’on cherche.
La question du look BCBG dans des contextes variés
Le BCBG souffre d’une image de contexte unique : le bureau formel ou le dejeuner de famille bourgeois. C’est injuste.
Un pantalon en velours côtelé marron, une chemise Oxford bleu ciel et un pull en laine fine, c’est du BCBG casual parfaitement adapté à une journée de travail hybride, à un café ou à une visite à la FNAC. La lecture de l’ensemble est « quelqu’un qui fait attention à son allure » sans aucune prétention.
Ce qui change selon le contexte : la présence ou l’absence de la veste. En veste ajoutée, le look monte d’un cran en formalité. En pull seul, ça reste dans le registre décontracté-soigné.
En été, le BCBG se traduit en lin clair, polo en coton piqué, et mocassins sans chaussettes. La même logique de qualité et de cohérence, avec des matières plus légères.
