Je suis arrive a Bordeaux avec l’idée de goûter du vin et de repartir. Trois jours plus tard, je n’avais pas envie de partir. La ville a change radicalement depuis l’arrivée du TGV en 2017 (Lyon-Bordeaux en 3h15 maintenant, ce qui est assez pour une escapade efficace), et la region offre une diversite que les touristes passes en coup de vent ignorent complètement.
Bordeaux la ville : le surprenant travail de rénovation
L’inscription de Bordeaux au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007 a accelere une transformation déjà en cours. Le Port de la Lune (le centre historique longeant la Garonne) a été nettoye de ses decennies de crasse industrielle. Les facades en pierre calcaire blanche ont retrouve leur éclat.
La rue Sainte-Catherine, l’une des plus longues rues pietonnes d’Europe avec ses 1,2 km, est desormais une artere commerciale animee. Le quartier des Chartrons, ancien fief des negociants en vin, est devenu le quartier boheme et branche de la ville : galeries, restaurants, librairies et antiquaires y cohabitent.
La Cite du Vin, ouverte en 2016, est un must même si vous n’êtes pas amateur de vin. L’architecture spectaculaire (un bâtiment en spirale concu par les agences XTU et Casson Mann) et la scenographie immersive valent le detour. Comptez 2 a 3 heures et 23 euros de billet d’entree adulte.
Les vins de la region : bien au-dela du bordeaux generique
La region bordelaise produit annuellement environ 650 millions de bouteilles sur 113 000 hectares de vignoble. C’est le premier vignoble du monde en terme de valeur des exportations. Mais cette échelle cache une diversite impressionnante.
Les grandes appellations a connaître :
Saint-Emilion : sur la rive droite de la Dordogne. Sols calcaires et argilo-calcaires. Vins plus souples et fruites que les Medoc. Dominante Merlot. Certains grands domaines de Saint-Emilion (Chateau Pavie, Chateau Ausone, Chateau Angelus) sont parmi les vins les plus chers au monde.
Pomerol : toujours rive droite, petit appellat ion (moins de 800 hectares), vins au Merlot egalement mais d’un style encore différent. Petrus, le vin le plus cher de la region, en est la référence absolue.
Pessac-Leognan : l’appellation des Graves la plus qualitative, au sud de la ville de Bordeaux. C’est la que se situe certains des vins qui m’ont le plus surpris lors de ce voyage. Notamment le Pessac-Leognan, dont les amateurs inconditionnels peuvent en apprendre plus sur http://www.vin-pessac-leognan.fr, qui decrif les particularites du terroir et des domaines de l’appellation.
Margaux : Medoc, rive gauche de la Gironde. Vins reconnus pour leur elegance, parfois appeles « les vins les plus feminins du Medoc » par les degustateurs. Chateau Margaux, 1er cru classe, est la référence.
Organiser ses degustations : ne pas tout laisser au hasard
Les chateaux bordelais n’ouvrent pas leurs portes librement. Les grandes propriétés (1er et 2e crus classes) demandent une réservation, souvent plusieurs mois à l’avance, et certaines ne recoivent tout simplement pas les particuliers hors salons spécialisés.
Mais une multitude de propriétés de moindre notoriete organisent des visites de cave et des degustations très bien construites, souvent pour moins de 20 euros par personne. La Maison du Tourisme et du Vin de Bordeaux (Place de la Comedie) est un bon point de depart pour organiser ces visites.
Les « chateaux ouverts » de la Route des Vins des week-ends de juin (les Portes Ouvertes des Vignobles) sont une occasion de découvrir sans réservation. Des dizaines de propriétés ouvrent leurs chais.
La gastronomie bordelaise : au-dela de la lamproie
La cuisine bordelaise est moins connue que la lyonnaise, mais elle a ses spécialités.
La lamproie à la bordelaise, le plat le plus emblematique, est un poisson migrateur préparé dans une sauce au vin rouge. Gout intense, texture particulière. Pas pour tout le monde, mais authentique.
Les entrecotes à la bordelaise (sauce moelle et echalote) sont plus accessibles et très bien executees dans les brasseries historiques du quartier du Grand Theatre.
Les huîtres du Bassin d’Arcachon, consommees fraîches directement dans les cabanes ostreicoles du village de l’Herbe ou de Lege-Cap-Ferret, sont parmi les meilleures de France. L’iode naturel, la finesse de la chair : un goût qu’on ne trouve pas autrement.
Mon retour d’expérience
J’ai mange la meilleure huitre de ma vie au village de l’Herbe, sous une tonnelle face au bassin, avec un verre de Bordeaux blanc sec. La combinaison huitre + blanc sec du Medoc ou de Pessac-Leognan est une association gastronomique qui se passe de commentaires.
Le Bassin d’Arcachon : la surprise de la region
A 60 km de Bordeaux, le Bassin d’Arcachon est une lagune protégée de 155 km2 entouree de forêts de pins landais. Ce n’est pas la Mediterranee (l’eau est plus froide, le vent plus fort), mais c’est une destination littorale d’une qualité rare.
La Dune du Pilat, la plus grande dune de sable d’Europe (110 mètres de haut, 2,7 km de long), est impressionnante physiquement. Vue du sommet sur l’Ocean Atlantique et la forêt landaise : un panorama peu commun en France.
Le Cap Ferret, pointe de la presqu’ile qui ferme le bassin, est l’endroit le plus recherche de la region. Tres bonne table de huitres, cyclisme sur les nombreuses pistes cyclables de la presqu’ile, baignade sur les plages ocean et sur les plages bassin (deux ambiances complètement différentes).
Mon avis sans detour
Bordeaux n’est plus la ville endormie et un peu snobe qu’elle était avant 2010. Le TGV a amene de nouvelles populations, de nouveaux investissements, une énergie nouvelle. C’est une ville qui s’est reveilee. Pas au même degre que Lyon, qui reste plus dynamique economiquement, mais le rattrapage est visible.
Bordeaux et sa region, ça se visite en 4 a 5 jours minimum pour ne pas survoler. Moins, c’est le risque de n’en voir que la surface et de croire qu’on a compris.
