« How are you? » C’est la première formule d’anglais que l’on apprend à l’école. Et c’est aussi celle dont on comprend le moins la signification réelle quand on se retrouve face à un anglophone. Parce que « how are you? » n’est pas vraiment une question dans la plupart des contextes – c’est un salut rituel qui attend une réponse rituelle, pas un rapport sur votre état de santé.
J’ai passé suffisamment de temps en contextes anglophones pour comprendre la différence entre l’anglais qu’on apprend dans les manuels scolaires et l’anglais qui s’utilise réellement dans les bureaux de Londres, les cafés de Dublin ou les rues de Montréal.
« How are you » : comprendre le sens réel
« How are you? » dans une conversation anglophone fonctionne comme « ça va? » en français. C’est une formule de salutation, pas une invitation à partager l’état de votre santé mentale ou physique.
La réponse attendue est courte et positive, quelle que soit votre situation réelle :
- « Fine, thanks » / « Good, thanks »
- « I’m great, how about you? » / « Not bad, you? »
- « Pretty good, thanks »
Répondre « well, actually my back has been giving me trouble » (ma santé en détail) dans une rencontre formelle ou semi-formelle serait considéré comme une violation des codes sociaux – et serait reçu avec un embarras visible chez la plupart des anglophones.
En Angleterre spécifiquement, la réponse honnête au « how are you? » est presque exclusivement « not bad, thanks » ou « can’t complain » – même quand tout va très bien. L’expression directe d’un grand enthousiasme (« fantastic! ») peut paraître excessive ou feinte dans certains contextes britanniques.
Mon retour d’expérience
Lors de mon premier voyage à Londres pour un salon professionnel, j’ai passé plusieurs secondes à chercher ce que je ressentais vraiment quand quelqu’un m’a demandé « how are you? ». L’interlocuteur avait déjà commencé à parler d’autre chose. Ce décalage révèle tout le piège de la formule : en France, « ça va? » peut être une vraie question. En anglais, dans la plupart des contextes professionnels, « how are you? » ne l’est pas.
Les équivalents selon le contexte
La question « comment allez-vous » en anglais n’a pas un seul équivalent – elle en a plusieurs selon la situation.
Contexte formel (réunion professionnelle, premier contact) :
- « How do you do? » (très britannique, très formel, presque disparu dans les usages courants)
- « How are you? » avec réponse courte
- « It’s a pleasure to meet you » / « Nice to meet you » (première rencontre)
Contexte semi-formel (collègues, relations régulières) :
- « How are you doing? » (américain plus fréquent)
- « How are things? » (moins directement personnel)
- « How’s everything? » (généraliste)
- « How’s work? » (quand on connaît le contexte professionnel de l’autre)
Contexte informel (amis, relations proches) :
- « How you doing? » (popularisé par Friends – acceptable entre amis)
- « What’s up? » (américain, très informel – réponse attendue : « not much, you? » / « nothing much »)
- « How’s it going? » (neutre, très courant)
- « Alright? » (britannique, notamment au nord de l’Angleterre – réponse attendue : « alright? » de retour)
- « You good? » (très contemporain, réponse attendue : « yeah, you? »)
Registre australien :
- « How ya going? » (contraction de « how are you going ») – très courant en Australie, peut décontenancer les non-habitués
- « G’day » + formule ci-dessus
Au passage
En Irlande, « How are ya? » est universel et attend un « grand, sure » ou « not bad » réflexe. L’accent irlandais peut rendre la formule difficile à distinguer les premières fois. L’important est la réponse : courte, positive, retournée comme question (« …and yourself? »).
Ce qu’on répond vraiment
Les cours d’anglais apprennent souvent à répondre « I am fine, thank you » – une formule grammaticalement correcte mais qui sonne artificielle dans presque tous les contextes réels.
Ce que les anglophones natifs répondent en réalité :
Version américaine courante :
- « Good, thanks! » / « Good, good »
- « Pretty good, how about yourself? »
- « Doing well, thanks »
- « Can’t complain » (semi-ironique, courant dans le sud des États-Unis)
Version britannique :
- « Not bad, thanks »
- « Fine, thanks »
- « Good, thanks, yourself? »
- « Mustn’t grumble » (très britannique, signifie « ça va mais je ne vais pas me plaindre »)
Version canadienne francophone-anglophone :
- « Good, good » (répétition courante)
- « Not too bad »
La différence de registre entre l’anglais américain et l’anglais britannique est notable sur ce point : les Américains ont tendance à répondre de façon plus enthousiaste (« awesome! », « fantastic! »), les Britanniques sont plus modérés dans l’expression de l’état positif.
Approfondir : demander des nouvelles de façon sincère
Quand on connaît bien quelqu’un et qu’on veut réellement savoir comment il va, les formules changent.
Formules qui signalent une vraie question :
- « How have you been? » (comment as-tu été ? – implique une période séparée, un contexte de retrouvailles)
- « How are you holding up? » (surtout en contexte difficile – maladie, perte, stress)
- « Is everything alright with you? » (ton de souci réel)
- « How’s your [situation spécifique]? » (« how’s your mom doing? » / « how’s the new job? »)
Ces formules, par opposition au « how are you? » réflexe, attendent une réponse plus substantielle.
Les erreurs courantes des francophones
Répondre « I am fine thank you and you? » en version complète et formelle dans un contexte informel. Ça sonne robotique.
Dire « how are you? » et attendre une vraie réponse. Si vous posez la question dans un contexte professionnel, préparez-vous à recevoir « fine thanks » et à passer directement à l’objet de la conversation.
Traduire « ça roule » ou « ça baigne » littéralement. « It rolls » ou « it bathes » ne signifient rien en anglais. Les équivalents approximatifs : « all good », « going well », « smooth sailing » (très idiomatique).
Utiliser « how do you do? » dans un contexte informel. C’est devenu rare, même dans les cercles british formels. On l’entend encore dans des contextes très protocolaires. Dans un bureau ou entre amis, ça sonne étrange.
Verdict
L’objectif n’est pas de mémoriser toutes les formules – c’est de comprendre que « comment allez-vous en anglais » est un registre, pas une traduction directe. Choisir la formule en fonction du niveau de formalité du contexte et de la proximité avec l’interlocuteur. Et surtout : retourner la question, systématiquement. « …and you? » / « …yourself? » est l’élément qui clôture le rituel et montre que vous maîtrisez les codes.
Un point de syntaxe utile
« How are you » est une question directe – sans inversion du sujet (contrairement à la forme interrogative standard « are you…? »). Parce que c’est une formule figée, elle s’utilise avec la structure déclarative : « how » + sujet + verbe.
Autres formules qui fonctionnent de la même façon :
- « How are things? » (pas « how are things doing? »)
- « How’s it going? » (contraction de « how is it going? »)
- « How have you been? » (pas « how have been you? »)
La langue anglaise quotidienne est riche de ces formules figées où la grammaire standard ne s’applique pas tout à fait. Les maîtriser, c’est passer du stade de quelqu’un qui « parle anglais » au stade de quelqu’un avec qui les anglophones se sentent naturellement à l’aise.
